Au mois de septembre, tu devenais championne du monde du mile sur route à Copenhague, record d’Europe à la clé. Toi qui te décris comme une éternelle insatisfaite, tu en gardes quels souvenirs de cette course ?
C’est marrant parce que, au moment où l’on se parle (l’entretien a été réalisé le 16 octobre 2026, Ndlr), je suis en stage à Fond-Romeu et ce matin, pendant mon footing, j’ai échangé avec des athlètes qui se demandaient justement comment était la course. Il se trouve que je n’en ai pas beaucoup de souvenirs. J’ai quelques flashs de moments hyper importants lors desquels j’ai pris des décisions, mais sinon, c’est un peu le trou noir. Je ne sais pas si mes souvenirs viennent des images que j’ai vues après la course ou de ce que j’ai vraiment pu ressentir. Ce dont je me souviens en revanche, c’est ce qui s’est passé une fois que j’ai franchi la ligne et là, oui, je pense que j’étais satisfaite de moi, ce qui n’est pas anodin. Je suis malgré tout vite redescendue de mon nuage parce qu’on m’entraîne tous les jours pour ça et quand ça devient une réalité, on est préparés. Le sentiment qui domine tient alors plus du « wahouuu, je l’ai réalisé » plutôt que du « Waouh, qu’est-ce que je viens de faire ? ».
Une vie d’athlète, c’est beaucoup de sacrifices mais, à chaque fois que l’on décroche un titre ou que l’on monte sur le podium, il faut immédiatement se remobiliser pour l’échéance suivante, il n’y a pas de temps pour savourer. Il faut attendre la fin de carrière pour cela. Est-ce que ce n’est pas frustrant ?
Je ne sais pas si c’est frustrant, je ne pense pas. Si j’avais besoin de ce temps-là pour m’asseoir sur ce que j’ai pu faire, je pourrais le prendre. Personne n’est là derrière moi à me pousser à faire quoi que ce soit. Je pourrais très bien me dire que pendant six mois, je décide de prendre du temps pour moi. Comme je ne pratique pas un sport collectif, je gère ma carrière comme je le veux, d’autant qu’en athlétisme, la saison la plus importante est la saison estivale. Mais moi, ça me fait plaisir de profiter de la confiance que j’ai pu engranger sur cette saison et de la mettre à profit tout de suite. C’est pour cela que je ne le vis pas comme une frustration même si, dans le même temps, j’ai hâte de pouvoir en profiter, c’est simplement que je ne me le permets pas parce que je ne veux pas me dire que ce que j’ai fait est bien et que ça me suffit. Si je m’autorise ça, j’ai peur, par la suite, de ne plus avoir la même hargne.
Tu cultives l’insatisfaction comme un moteur.
Elle va te guider tout au long de ton parcours, un parcours que tu as débuté à 9 ans au club athlétique bigoudin. L’athlétisme a d’emblée été l’affaire de ta vie ou est-ce que tu t’es frottée à d’autres disciplines avant ?
Le sport est important dans notre famille. Comme l’athlétisme ne se commence qu’aux alentours de 7-8 ans, j’ai pratiqué d’autres sports plus jeune. Ma mère nous a d’abord inscrit à l’école du cirque, je devais avoir 4-5 ans. Par la suite, j’ai fait de la danse. L’athlétisme est quand même arrivé très vite, et dans mes souvenirs, j’ai l’impression d’en avoir toujours fait. J’ai longtemps pratiqué en parallèle d’une autre discipline. Enfant, j’étais une surexcitée alors il fallait me canaliser. Tous les soirs, j’avais une activité et lorsque j’étais au collège, le midi, je faisais toutes les activités scolaires possibles, pas seulement les AS sportives. J’ai fait partie de la chorale sans avoir aucun talent par exemple. J’ai également fait de l’escrime, de la danse pendant très longtemps. En danse, comme à la chorale, je n’étais pas très forte. J’étais pas mal pour apprendre les chorés mais pas très gracieuse quand venait le moment de les exécuter.
©Agathe Guillemot/Instagram
Ça t’a probablement servi pour aborder les courses ?
Oui, je pense que ça m’a servi dans ma coordination, le rythme… J’ai aussi fait de la gym, du badminton, de la course d’orientation, du judo et là, j’étais pas mal. Il y a eu aussi plein de sports que je n’ai pas pratiqués en club, mais avec mon frère. Nous n’avons qu’un an d’écart et avec nous deux, c’était les Jeux Olympiques tous les jours à la maison : on jouait au tennis quand venait Roland-Garros, le vélo, on pratiquait à fond… Je pense que le fait de m’être épanouie dans plein de sports différents a contribué à ce que je sois assez forte aujourd’hui. Grâce à ça, j’ai une connaissance de moi qui ne vient pas que de l’athlétisme.
Votre maman a dû être débordée ?
Nous sommes trois enfants nés en quatre ans. Ma mère avait fait le choix de ne pas travailler pour être présente pour nous H24. Ça nous a permis de faire tout ce que nous voulions à côté de l’école. En plus, notre mère était hyper investie dans nos activités. Elle était juge dans l’athlétisme, elle a donné des cours de danse dans l’école de danse où j’étais inscrite, au collège, elle était parent d’élèves… Elle était vraiment là pour nous soutenir.
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Tu as longtemps pratiqué les épreuves combinées. Ce choix découle aussi de cette appétence générale pour le sport ?
Oui, et aussi du fait qu’il y a une vraie entente entre les athlètes dans les épreuves combinées. Quand on est en compétition, on passe deux jours ensemble sur le stade, c’est une famille. Et même si aujourd’hui, j’ai quitté cette famille en choisissant le demi-fond, lorsque je suis sur un Championnat de France élite par exemple, les filles que je côtoyais plus jeune dans les épreuves combinées continuent à m’encourager, on s’envoie toujours des messages… Je sens qu’il y a vraiment un lien particulier avec cette discipline. En m’orientant vers les épreuves combinées, je recherchais du partage et, comme j’avais également beaucoup de mal à choisir, ce chemin me convenait très bien.
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Le demi-fond arrive dans ton parcours au tournant des années 2020. À l’époque, tu suis un cursus pour devenir ingénieure en génie civil, tu changes de club pour être plus près de ton école et tu fais la rencontre de Marc Reuzé. C’est lui qui t’encourage à changer de discipline ou c’est toi qui avais envie de changer ?
C’est un concours de circonstances. Je faisais des épreuves combinées mais, à cette époque, j’avais envie de faire du 400 m haies. Je pensais alors que c’était la discipline qui me permettrait de combiner les compétences apprises dans les épreuves combinées et mes qualités de base en course. Courir était pour moi naturel, surtout courir un peu longtemps. C’est ça qui m’a poussée à rejoindre Marc Reuzé. Il était reconnu pour son expertise dans ces disciplines-là. Il se trouve que je me suis blessée très vite au début de notre collaboration. Pendant ma réathlétisation, j’ai passé beaucoup de temps sur un vélo, à faire de la natation… des sports d’endurance. À l’approche de la reprise, Marc m’a dit que je n’étais pas encore prête à m’aligner sur 400 m, mais qu’au vu du travail effectué pendant ma blessure, le 1 500m pourrait passer si je voulais renouer avec la compétition. Comme j’adore ça, j’ai dit : « Je m’en fiche que ce soit un 1 500 m ou autre chose, participer me donnera l’impression de ne plus être blessée et je vais pouvoir m’amuser même si ce n’est pas ma discipline. » Il se trouve que j’ai assez vite été performante sur le 1 500 m ou 800 m et je fais même une médaille aux France, la première pour moi.
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C’est donc venu tout naturellement, sans le vouloir ?
Oui, à la fin de l’hiver, nous nous sommes refait un point et j’ai dit à Marc que je pensais rester sur le demi-fond parce que j’étais performante et que c’était ça qui me plaisait avant tout. Lui était soulagé car il craignait que je veuille rester sur 400 m alors que j’étais meilleure sur le fond. Pour résumer, je me suis retrouvée à faire du 1 500 m parce que je me suis blessée !
Marc expliquait d’ailleurs que tu étais tellement déterminée à percer à haut niveau que la discipline importait finalement peu.
Je sais que ça peut être mal vu de dire ça, mais je suis opportuniste ; opportuniste dans le sens où ce qui m’intéresse, ce qui me motive, c’est d’être la plus performante possible. Je trouve mon plaisir dans la performance. Je suis hyper motivée à m’entraîner parce que je sais que c’est pour être performante et peu importe le sport ou la discipline. Je fais du 1 500 m mais ça aurait tout aussi bien pu être du 5 km, du 400 m ou des épreuves combinées. Tant que je suis performante et que j’atteins les objectifs que je me fixe, let’s go. Ce qui est un peu paradoxal en revanche, c’est que j’ai tout de suite été forte, jeune, dans le demi-fond. J’aurais pu choisir la simplicité et m’orienter directement vers ces disciplines, mais j’ai eu peur de me spécialiser parce que je craignais de m’ennuyer. Avec les épreuves combinées, outre le fait que j’adorais l’ambiance, j’apprenais plein de choses. Je pensais que le demi-fond serait trop répétitif et que ça allait me lasser. J’ai ajouté quelques obstacles sur ma route.
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Pour autant, changer c’est une énorme remise en question, c’est aussi repartir de zéro à l’entame de la vingtaine. Tu l’as vécu comme ça ou bien tu l’as pris comme la suite d’une histoire qui continuait de s’écrire mais de manière non linéaire ?
Un peu des deux. Parfois, je me perçois comme une jeune dans la discipline et dans ce cas là, c’est comme si j’avais repris ma carrière à zéro mais, pour tout ce qui relève de la gestion d’un évènement, d’un championnat, de ma carrière, j’ai déjà fait mes gammes car ce sont des problématiques communes à toutes les disciplines. C’est d’ailleurs peut-être aussi cette différence de parcours qui fait que je suis performante. Dans les épreuves combinées, on doit gérer des hauts et des bas assez rapidement. Ça me permet, lorsque les choses ne se déroulent pas bien, de relativiser et de passer à autre chose assez vite. Pareil d’ailleurs quand ça se passe très bien. J’aborde mes saisons de la même façon que j’abordais les épreuves combinées sauf qu’avant, je devais gérer mes émotions durant un enchaînement d’épreuves, désormais c’est un enchaînement de courses.
©Agathe Guillemot/Instagram
En 2023, tu l’évoquais précédemment, tu décroches le titre sur 1 500 m aux France élites, c’est le premier titre national de ta carrière en senior. Tu as été étonnée ou pas du tout ?
C’est un peu bizarre, mais au fond de moi, je sais que je suis talentueuse pour le demi-fond et ce, depuis toujours. Jeune, j’ai gagné beaucoup de courses en demi-fond, parfois même en étant meilleure que certains garçons, tout cela te forge la conviction que tu es douée dans ce domaine. En revanche, ce qui est vrai, c’est que je n’aurais pas aimé être la leader de la discipline à l’époque et voir débarquer une fille qui vient d’une autre discipline et ose dire qu’elle aussi est venue pour gagner. Grâce à cela, je suis devenue vigilante. Actuellement, je suis la meilleure Française, mais je sais qu’il faut se méfier de tout le monde, même des gens qui ne font pas de 1 500 m.
Après, tout s’enchaîne très vite, il va y avoir une sélection pour les Mondiaux, les Europe par équipes, des débuts en Diamond League et, dans un coin de ta tête, la perspective, peut-être, de pouvoir participer aux Jeux olympiques de Paris l’été d’après ? Les JO, ça a toujours été le but ?
Les Jeux, c’est quelque chose dont j’ai toujours rêvé, même avant de faire du sport de haut niveau. C’est un peu bête, mais mon rêve, c’était vraiment ça, faire les Jeux, même si je ne savais ni comment, ni même si ce serait possible. Quand tu es petit, tu ne te rends pas forcément compte de ce que cela implique, du travail que ça représente. À l’époque, je pensais d’ailleurs que les gens qui participaient aux Jeux Olympiques étaient ceux qui étaient bons dans le sport qu’ils pratiquaient le mercredi soir mais que tous avaient un métier en parallèle.
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Pour autant, Paris 2024 devient à ta portée…
Oui, en 2023, je me rends compte que je peux peut-être me qualifier pour les JO, que ce n’est plus un rêve mais un objectif. Je crois que je suis alors à une seconde du temps demandé pour se qualifier et je me dis qu’en un an, c’est possible. Je me dis également que je n’ai pas seulement envie de me qualifier, mais d’aller loin. Car en 2023, c’est aussi l’année où je décroche ma première sélection aux Championnats du monde senior et je me fais sortir dès les séries. Tu es championne de France, tu te crois la reine du monde et quinze jours après, tu te fais sortir dès le premier tour et tu n’as rien pu faire. Je me suis dit que c’était nul, j’avais été aux Monde, j’étais contente mais je n’avais pas été à la hauteur de l’évènement. Ça a été une vraie claque. Je ne voulais pas que la même chose m’arrive aux Jeux. Je voulais me qualifier et passer des tours, participer à toutes les courses : série, demi-finale et finale.
Oui, j’ai eu de la chance, mais j’ai aussi beaucoup travaillé, j’ai progressé très vite et j’ai réussi à aligner les planètes au bon moment pour atteindre la finale olympique. Lors de la finale en revanche, il s’est passé la même chose qu’aux Monde, je termine 9e. Je me suis dis que faire une finale olympique, c’était cool mais finir neuvième, tout le monde s’en foutait ! Je voyais les filles faire leur tour d’honneur avec leur drapeau et c’est ça que je voulais. Mais, ce genre de mésaventures me nourrit, elles font office de déclics et elles me motivent pour la course d’après, soit pour les années qui séparent les Jeux de Paris de ceux de Los Angeles 2028.
Lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux à Paris, 2024… ©Agathe Guillemot/Instagram
Tu es malgré tout la première Française à disputer une finale olympique sur la distance. Ça ne compte pas ?
Ça, je m’en fiche un peu. Je sais que j’ouvre un peu le chemin du 1 500 m féminin au niveau français et tant mieux si derrière, d’autres filles suivent cette voie-là. Pour le reste, ce n’est pas important pour moi. Il reste malgré tout que ces Jeux étaient fous, surtout la demi-finale puisque je bats le record de France et je me qualifie pour la finale. Là, je réalise vraiment mon objectif et je partage ça avec ma famille. J’ai vécu des choses incroyables. Après chaque course, ma famille était contente que je passe un tour, il y avait un bruit incroyable dans le stade… Il me reste des souvenirs qui ne se reproduiront plus, du moins pas aussi fortement, pas avec cette intensité-là. Mais ça revient à ce que l’on se disait au début de cet entretien, je pense que je mesurerai tout ce qui s’est passé après ma carrière. Là, je suis plus en mode performance : Paris, c’était super mais je veux plus.
Objectif Los Angeles donc.
Oui, c’est ça, et qui sait, si mon corps me le permet, il y aura peut-être Brisbane. Je profite, je ne suis pas un robot, loin de là, je vis et je ressens vraiment de grosses émotions, je vibre mais j’arrive assez vite à calmer le feu et à passer à autre chose.
L’après Jeux commence bien avec un titre de championne d’Europe en salle à Apeldoorn aux Pays-Bas, l’été est un peu plus compliqué, tu laisses filer le titre aux France et les Mondiaux ne se passent pas comme tu le souhaites.Comment as-tu vécu ce petit coup de moins et l’expliques-tu ?
C’est dur sur le moment, quand on est dans le feu de l’action, on a l’impression que tout s’arrête si on n’atteint pas l’objectif que l’on s’était fixé mais finalement, le lendemain, quand on se réveille, on se rend compte que les gens qui comptent pour nous sont toujours là, que la vie ne se résume pas à une performance, que l’on n’est pas seulement un chrono ou un titre. Tout ça permet de passer assez vite à autre chose. Pour ce qui est spécifiquement de l’année 2025, c’est vrai que ce n’était pas l’année dont j’avais rêvée, mais ça m’a permis de comprendre mes erreurs.
Je travaille à préparer la meilleure recette possible pour les Jeux de 2028. En 2025, on a fait des choix à l’entraînement, sur des compétitions qui finalement se sont révélés ne pas être les bons. C’est OK et je ne les referai pas. Ça m’a permis de faire du tri dans ma tête et de savoir ce qui était bon ou pas pour moi. L’année 2025 n’était pas terrible, l’année 2026 était meilleure, mais pas encore parfaite et on continue à affiner jusqu’en 2028.
©Agathe Guillemot/Instagram
Parmi les changements opérés, il y a un changement d’entraîneur, c’est aussi pour te redonner de l’allant que tu as changé de structure ?
Non, je dirais que c’est le fait de raisons qui n’ont pas à voir directement avec la performance. J’ai la chance d’avoir vite rebondi, trouvé un autre groupe d’entraînement et un entraîneur avec qui on s’est très bien compris et tout se passe bien.
Début janvier avec l’équipe de France, tu remportes l’argent du relais mixte lors des Championnats du monde de cross-country de Tallahassee, en Floride. Tu remportes aussi le titre aux France en indoor et en extérieur ; aux Monde en salle, tu passes sous les 4 minutes, tu es la première Française à réaliser cet exploit. Et puis il y a le titre de championne du monde du mile. C’est ça une année un peu mieux mais pas encore parfaite ?
Avec Alann (Alann Moreau, son entraîneur depuis janvier 2026, Ndlr), nous avons réussi à trouver un fonctionnement qui me permet d’être performante quasiment toute l’année et ça, c’est cool. Nous nous sommes rendu compte que j’avais besoin d’avoir une très grande confiance en mes capacités et en moi pour être performante et ça, ça passe par le fait d’être forte à tout moment dans la saison. En 2025, on avait fait un choix, celui de m’entraîner beaucoup beaucoup beaucoup. Or, quand on s’entraîne beaucoup, il y a forcément de la fatigue et on ne peut pas être performante tout le temps. À la longue, malheureusement, certaines contre-performances peuvent laisser des traces. Je dis que j’arrive facilement à rebondir, c’est sûr, mais quand ça s’accumule, il y a quand même le doute qui s’installe.
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Qu’est-ce qui a changé concrètement pour te permettre de ne pas revivre la même chose ?
Concrètement, on a réduit un peu l’entraînement. Au début, ce n’était pas facile pour moi parce que j’avais de grandes certitudes, notamment celle qui veut que plus je m’entraîne, plus je suis forte. Alann a réussi à me faire comprendre que ce n’était pas forcément la vérité, qu’elle réside plutôt dans le fait de mieux s’entraîner. Vu mon année 2026, je pense que cette mentalité me convient et qu’elle me permettra d’avoir moins de doutes en 2027 et encore moins l’année suivante. C’est une bonne base pour construire 2028.
En 2027, il y a de grands rendez-vous, notamment des Monde en été. Tous font partie de ta liste pour 2027 ?
Je suis vraiment un athlète qui aime mettre des dossards, qui aime courir en compétition. En 2027, Il y a des Championnats d’Europe pour lesquels j’ai un titre à défendre, il y a des Monde pour lesquels je n’ai pas été bonne il y a deux ans, ce n’est pas la même pression mais ce sont de beaux challenges qui m’attendent. C’est motivant. Cette année, j’ai dû récupérer mon titre de championne de France élite et je l’ai fait avec la manière. J’espère que ça sera pareil pour les Championnats du monde et que je vais réussir à effacer l’édition de Tokyo 2025 par une belle édition à Pékin 2027.
Ouverture ©Gagastrophe