Huit titres. Onze finales disputées, un record absolu. Cinq sacres consécutifs entre 2016 et 2020, une série qui égale le record du Real Madrid masculin des débuts de la Coupe d’Europe, personne, dans aucun des deux tournois, n’a fait mieux. Depuis 2001, aucun club au monde n’a autant régné sur la Ligue des Champions féminine que l’OL Lyonnes. Et pourtant, aucune de ces onze finales ne s’est jouée en France. Londres, deux fois. Munich, Reggio Emilia, Cardiff, Kyiv, Budapest, Saint-Sébastien, Turin, Bilbao, Oslo. Jamais Lyon. Jamais Paris.
Il aura fallu attendre le 15 septembre 2026 pour que l’UEFA attribue enfin à la France l’organisation d’une finale de sa compétition la plus prestigieuse : ce sera à Lyon, au Groupama Stadium, en 2028. Vingt-sept ans après la création de l’épreuve.
Comparez avec le football masculin : le Stade de France a accueilli la finale de Ligue des Champions à trois reprises, en 2000, 2006 et 2022, sans qu’aucun club français n’ait jamais dominé la compétition comme l’a fait Lyon côté féminin. La logique d’attribution des grands événements sportifs n’a manifestement pas grand-chose à voir avec le palmarès.
Ce n’est pas une affaire de mérite sportif, puisque celui-ci ne fait débat pour personne. C’est une affaire de priorités. Le foot féminin a mis un quart de siècle à obtenir, en France, la reconnaissance institutionnelle que son propre palmarès aurait dû lui garantir bien plus tôt.
Lyon n’a pas eu besoin d’un supplément de records pour mériter cette finale. Il a fallu que le calendrier institutionnel finisse par suivre le calendrier sportif.