Sandy Baltimore a le sourire. Normal. À 26 ans, native de Colombes, formée au PSG dès ses 14 ans, elle vient d’apposer sa signature sur un nouveau contrat avec Chelsea jusqu’en 2030. Arrivée à l’été 2024, la joueuse de football s’est rapidement imposée comme une pièce maîtresse du collectif londonien, dépassant la barre des 50 apparitions sous le maillot bleu dès février. Si elle va au bout de son contrat, ce sera six ans en Angleterre. Une carrière construite là-bas. Loin d’ici.
On ne lui en veut pas. Parce que la question n’est pas là.
La vraie question, c’est celle-ci : combien de Sandy Baltimore va-t-on encore laisser partir ? Grace Geyoro a quitté le PSG l’été dernier pour London City Lionesses, transfert record à 1,65 million d’euros. Jamais une joueuse issue du championnat français n’avait atteint un tel montant. Delphine Cascarino l’a suivie dans la foulée, même club, même destination. Trois des meilleures joueuses françaises de leur génération, réunies dans la même ville. Mais pas dans leur pays.
Ce n’est pas une fuite des cerveaux, c’est une logique implacable. En Angleterre, ces femmes sont professionnelles, bien payées, visibles, respectées. La WSL est diffusée, commentée, regardée. Les stades se remplissent. Les contrats tiennent la route. En France ? Le championnat peine encore à exister médiatiquement. Les joueuses courent après la reconnaissance. Et les meilleures finissent par courir ailleurs.
Il y a pourtant une lueur. Le 18 mai, l’UNFP et Foot Unis ont annoncé un accord de principe sur une convention collective pour les joueuses professionnelles, qui devrait entrer en vigueur le 1er juillet 2026. Une première. Une étape. Mais Sandy Baltimore a signé jusqu’en 2030. Grace Geyoro et Delphine Cascarino brillent à Londres. Et une convention collective, aussi bienvenue soit-elle, ne suffit pas à inverser une dynamique construite sur des années d’écart.
La France forme. L’Angleterre encaisse. Le 1er juillet, on verra si quelque chose commence vraiment à bouger.