Delphine CascarinoLa pépite de l’attaque française

Delphine Cascarino, l’agréable surprise de l’attaque française
Delphine Cascarino marque les esprits ballons aux pieds. Adversaires, coéquipières, sélectionneurs... Tout le monde voit en elle une grande joueuse. Et ça n'impressionne pas la demoiselle, bien au contraire...

Par Aurore Charron

Publié le 21 juillet 2022 à 20h05, mis à jour le 13 juin 2025 à 15h22

Courir après un ballon, c’est toute l’enfance de Delphine. La fillette découvre le football en jouant les gardiennes pour son grand frère. Mais rester dans bien sagement dans les cages, ça ne lui suffit pas. Non, elle, ce qui la botte c’est l’attaque.

Un parcours solo ? Certainement pas. Le foot chez les Cascarino c’est une affaire de famille. La joueuse peut compter sur le soutien de ses parents mais surtout de sa sœur jumelle, Estelle. Le 5 février 1997 à Saint-Priest dans le Rhône, ce n’est pas une footballeuse internationale qui a vu le jour, mais deux.

Après un court détour par le rugby, à 9 ans, Delphine et Estelle Cascarino chaussent les crampons. Toutes deux débutent leur carrière dans le club de leur ville natale, l’AS Saint-Priest. Seulement deux ans après, elles intègrent l’AS Manissieux Saint-Priest, l’autre club local.

©FFF

Les filles Cascarino ont choisi la même voie, mais chacune à leur façon. Estelle, gauchère, évolue au poste de défenseur. Quant à Delphine, droitière, son truc, c’est l’attaque.

Un duo de choc. Les deux jeunes filles se font vite repérer par l’Olympique Lyonnais (OL) qu’elles intègrent à 12 ans.

C’est en 2016 que leurs chemins footballistiques se séparent. Estelle s’envole pour le FCF Juvisy, tandis que Delphine reste dans « son club de cœur » pour lequel elle joue encore aujourd’hui.

Leurs parcours à l’OL ont de quoi inspirer – et ce n’est pas leur père qui dira le contraire. Écrivain et scénariste, Laurent Cascarino publie une BD partiellement inspirée du parcours de ses filles : « Team d’attaque, Sauvé par les gones ».

©Wikipedia

Un hommage au surnom du club qui a permis à ses filles d’envisager une carrière professionnelle.

Pas évident lorsqu’on manque de rôles modèles féminins dans le football. Mais Delphine Cascarino trouve l’inspiration en Amel Majri. Formée à l’OL, elle parvient à sortir du centre de formation pour transformer sa passion en vocation.

Une belle influence pour la footeuse de talent qui peine à trouver la place des femmes dans son sport de prédilection : « À ce moment-là, je ne me rends pas forcément compte qu’il y a des femmes qui jouent au foot et encore moins en pro, rapporte-t-elle auprès de Bros. Stories. Je n’ai pas encore de modèles féminins mais j’avais des modèles masculins. »

Depuis, l’attaquante accumule les prix au sein du club le plus médaillé du football féminin français. Neuf Championnats de France, six Ligue des Champions, cinq Coupes de France et deux Trophée des Championnes. De quoi être fière.

©Facebook

Le club lyonnais plonge sa joueuse dans la lumière, jusqu’à lui faire gouter le feu des projecteurs tricolores. Delphine Cascarino débute en sélection chez les moins de 16 ans (U16), au côté de sa sœur. À 15 ans, elles sont sélectionnées pour la Coupe du Monde U17 de 2012.

Une première entrée en matière qui a de quoi épater. Premier but… et première victoire collective. Le monde sourit aux Bleues qui décrochent la coupe U17. L’autre belle victoire du duo, c’est l’Euro U19 2016. Ici encore, le trophée revient aux Françaises.

Des souvenirs de famille peu communs. Pourtant, leurs chemins vont se séparer. Alors que l’équipe de France A ouvre grande ses portes à Delphine, Estelle ne fera que peu de fois partie de l’aventure.

Une différence qui n’empêche pas cette dernière d’être la première fan de sa sœur – et il y a de quoi faire en matière d’encouragements.

Alors qu’on ne l’attendait pas titulaire lors du premier match des Bleues pour l’Euro 2022, le 10 juillet, la sélectionneuse Corinne Diacre surprend en titularisant Delphine Cascarino. La joueuse saisit l’occasion et rend la pareille en marquant le troisième des cinq buts tricolores contre les Italiennes. L’un des plus grandes scènes du football international n’a pas impressionné la jeune femme.

La notoriété – qu’importe son ampleur – ça ne fait pas peur à la sportive San-Priode. C’est en rôle modèle pour les jeunes filles qu’elle aimerait s’affirmer.

« On est très médiatisées (de plus en plus d’ailleurs) donc c’est important de véhiculer une bonne image, rapporte-elle auprès de Bros. Stories. Je pense que des petites filles pourront s’identifier à l’équipe de France féminine et pourquoi pas à moi pour plus tard essayer de progresser. Je suis assez fière de ça. »

©FFF

Depuis cet Euro 2022, l’attaquante n’a plus quitté le groupe. Coupe du Monde 2023, JO 2024… Les trophées ne sont peut-être pas au rendez-vous, mais l’attaquante continue de planter des buts ! Lors de  l’été 2024, elle quitte l’Olympique Lyonnais pour le club américain de San Diego. Un choix audacieux, mais qui pourrait s’avérer payant… Les Américaines sont les championnes olympiques en titre. Quoi de mieux que se frotter à elles pour faire basculer l’équipe de France sur le chemin de la victoire ?

Delphine Cascarino sera de nouveau de la partie pour l’Euro 2025. Mauvaise nouvelle pour les défenses, et Laurent Bonadei compte bien mettre à contribution le plus possible la talentueuse attaquante. Si c’était elle, le facteur X pour aller enfin au bout ?

Ouverture ©FFF

D'autres épisodes de "Football : ces sportives qui vont droit au but"

Vous aimerez aussi…

La question qui tue fitness

Moi, je veux seulement muscler mes fesses, c’est bien…non ?

Attention, voici venir la question qui tue sur les réseaux sociaux ! Sur Insta ou sur TikTok, les influenceuses au postérieur généreux se multiplient comme des petits squats. C’est devenu une tendance sportive : muscler (surtout) les fessiers. Mais si tu veux savoir rebondir en sport, est-ce vraiment ce qu’il faut fesse, euh, faire ? La réponse avisée de notre coach Nathalie Servais.

Lire plus »
Yohan Penel : « Tout est réuni pour faire du badminton un modèle sportif d’égalité et de mixité. »

Yohan Penel : « Tout est réuni pour faire du badminton un modèle sportif d’égalité et de mixité. »

Le jeune président de la fédé de badminton qui entend faire de son mandat une réussite sur le plan des enjeux sociétaux et ainsi « mettre l’humain au cœur de la performance sportive et sociale du badminton » a bien l’intention d’attirer les filles dans ses filets…des terrains de bad. À l’heure où, hélas, les compétitions interclubs se transforment en championnat masculin faute de compétitrices.

Lire plus »
Anne-Flore Marxer

Sport Féminin Toujours 2023, ces expertes qui nous éclairent

Elles en ont fait une vocation. Chercher, analyser, décrypter, combattre, ces spécialistes ont toutes le même objectif : faire bouger les lignes en matière de sport féminin. En cette semaine de Sport Féminin Toujours qui milite pour une plus grande visibilité des championnes, l’occasion était trop belle de les mettre elles aussi en valeur. Nous les avons rencontrées et elles ne pratiquent pas la langue de bois !

Lire plus »
Kessya Bussy, l’éclat discret d’une conquérante

Kessya Bussy, l’éclat discret d’une conquérante

Elle ne fait pas la une, mais elle fait la différence. À 24 ans, Kessya Bussy s’impose comme l’une des joueuses les plus prometteuses du foot féminin français. L’ex-joueuse du PFC qui vient de signer avec Wolfsburg pour trois saisons, incarne cette nouvelle génération de Bleues qui changent le jeu.

Lire plus »
Greta Andersen

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Une nageuse qui a failli voir ses rêves d’Olympiades brisés, une autre devenue une légende des JO (la grande Greta Andersen sur notre photo), une patineuse tous terrains, une pionnière du vélo, une athlète qui enquille les kilomètres, un podcast, notre première « question qui tue » et des initiatives pour être #ablockensemble, prêts à cliquer ?

Lire plus »
Alexandra Tavernier

Alexandra Tavernier : « Je suis une athlète, certes, mais je suis aussi une femme, une sœur, une copine… il faut me prendre dans ma globalité. »

Lorsqu’elle lance le marteau, c’est avec une force aussi bien physique que mentale. Alexandra Tavernier, 28 ans au compteur, a un joli palmarès : médaillée de bronze aux Mondiaux de Pékin en 2015, d’argent aux championnats d’Europe de Berlin en 2018, recordwoman de France avec un lancer de 75,38m. Pourtant, cette athlète sensible avoue sans détour les doutes, la dépression, le mal-être qui l’ont affaiblie. Aujourd’hui, elle est une autre et nous raconte. Échange percutant.

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner