Le compte à rebours est lancé. Dans quelques jours, l’Arèna di Verona ouvrira ses portes pour célébrer les Jeux Paralympiques 2026 qui, cette année, marquent le 50e anniversaire des premiers Jeux Paralympiques d’hiver. De Val di Fiemme à Cortina d’Ampezzo, 6 para sports seront au programme, dont le para ski alpin, le para biathlon, le para ski de fond et le para snowboard, pour un total de 79 épreuves médaillées. La France, qui avait terminé quatrième au tableau des nations à Pékin 2022 avec 12 médailles, débarque avec une délégation resserrée de 17 athlètes — 13 sélectionnés et 4 guides — mais des ambitions fortes.
Cécile Hernandez, le Phénix tricolore
Elle sera le visage féminin de la délégation française, porte-drapeau à la cérémonie de clôture le 15 mars. Cécile Hernandez, 51 ans, n’a jamais aussi bien porté son sobriquet de Phénix. Diagnostiquée d’une sclérose en plaques en 2002, elle a dû réapprendre à marcher avant de devenir championne paralympique. À Pékin 2022, la snowboardeuse des Angles a décroché l’or en snowboard cross — le seul métal qui lui manquait après l’argent à Sotchi (2014) et le bronze à Pyeongchang (2018). Quintuple championne du monde, double detanée du Globe de cristal cette saison, elle arrive à Milan-Cortina porée par un regain de forme éclatant : quatre courses de Coupe du monde en janvier, trois victoires. Ses dernières déclarations avant le départ sont celles d’une femme en paix avec elle-même, reconnectée à ses raisons de concourir : « J’ai vraiment retrouvé ce feu sacré ». Ce seront ses derniers Jeux. Autant dire que l’or à défendre n’est pas seulement une question de titre.
Aurélie Richard, la nouvelle reine des pistes
Si Cécile Hernandez incarne l’expérience et la longévité, Aurélie Richard représente, elle, la génération montante. À seulement 20 ans, la paraskieuse alpine de Ceillac dans les Hautes-Alpes, s’apprête à disputer ses premiers Jeux Paralympiques avec le statut de favorite. Vainqueure du gros Globe de cristal cette saison, elle affiche 14 podiums en Coupe du monde depuis décembre — dont quatre victoires. Une progression d’autant plus remarquable qu’elle revenait d’une rupture des ligaments croisés du genou droit. La blessure qui l’avait privée de Pékin 2022 est devenue moteur. Attendue sur les cinq disciplines du ski alpin, Aurélie Richard pourrait bien être la révélation française de ces Jeux.
La concurrence internationale, féroce et talentueuse
Sur la scène internationale, les rivales de Cécile Hernandez en parasnowboard sont redoutables. L’Autrichienne Claudia Loesch, multi-médaillée aux Jeux et aux Mondiaux, et les skieuses américaines et norvégiennes en para ski alpin figurent parmi les prétendantes aux podiums. Dans cette discipline en pleine féminisation, les équipes allemande et canadienne ont également fait progresser leurs paraskieuses en catégorie assis et debout. En para ski nordique, les fondeuses scandinaves restent traditionnellement les plus redoutées. Ces Jeux promettent des batailles serrées, discipline par discipline, catégorie par catégorie.
La France vise le top 4
Guidée par Marie Bochet en tant que cheffe de mission — l’octuple championne paralympique passée à un autre rôle après sa retraite — l’équipe de France paralympique affiche une ambition claire : intégrer le top 4 des nations, voire les dépasser. Les athlètes féminines joueront un rôle central dans cette course aux médailles. Cécile Hernandez, porte-drapeau et championne en titre, est la principale candidate à l’or. Aurélie Richard peut surprendre sur le ski alpin. Et la cheffe de mission le rappelle : c’est la force du collectif qui fait la différence, même dispersé sur plusieurs sites. Milan-Cortina 2026 s’annonce comme une belle édition pour le para sport féminin, même s’il n’arrive pas (encore) en force.