Valérie Domain : « 2026, l’année des championnes qui font (enfin) l’histoire. »

Valérie Domain
Quand tu bouges ton corps, tu bouges ta vie. Cette phrase qui guide ÀBLOCK! depuis cinq ans n'a jamais eu autant de sens qu'en ce début d'année 2026. Parce que cette année qui démarre promet d'être celle où les femmes du sport ne seront plus seulement des exceptions brillantes, mais bel et bien la règle. L'année où elles écriront l'histoire en lettres capitales. Et j'y crois.

Par Valérie Domain, fondatrice de ÀBLOCK!

Publié le 07 janvier 2026 à 14h19

L’année 2026 sera olympique, et elle sera féminine. Dans quelques semaines, du 6 au 22 février, les Jeux d’hiver de Milan-Cortina ouvriront le bal. La France y arrive avec une ambition claire : 21 médailles, portées en grande partie par ses championnes. Lou Jeanmonnot, Julia Simon et Justine Braisaz-Bouchet forment un trio de biathlètes qui fait trembler la concurrence. Perrine Laffont, sextuple championne du monde, revient de sa pause avec une faim intacte. Léa Casta, à 19 ans seulement, domine déjà le snowboardcross mondial. Emily Harrop est intouchable en ski-alpinisme.

Cette génération dorée d’athlètes françaises n’est pas là pour participer, elle est là pour gagner.

Perrine Laffont

Mais 2026, c’est bien plus que les Alpes italiennes. Cet été, du 11 juin au 19 juillet, la Coupe du monde de football masculin enflammera les États-Unis, le Canada et le Mexique. Un événement planétaire qui mobilisera toutes les attentions. Pourtant, pendant que les hommes disputeront ce Mondial à 48 équipes, les footballeuses, elles, prépareront activement leur grand rendez-vous de 2027 au Brésil. Une Coupe du Monde qui réunit un nombre record de trente-deux sélections féminines.

Les qualifications sont en cours, et les Bleues de Laurent Bonadei font partie des favorites pour décrocher leur ticket. L’Euro féminin de juillet dernier en Suisse, où l’Angleterre a conservé son titre face à l’Espagne, a montré que le football féminin n’a plus rien à envier à personne en termes de spectacle et d’intensité.

Cette année sera aussi celle du rugby féminin. La Coupe du monde de rugby à XIII féminine se tiendra en 2026 en Australie et en Papouasie-Nouvelle-Guinée, réunissant huit équipes dont la France qui joue gros dans les qualifications européennes. Un tournoi qui marque une étape importante avant que la compétition ne devienne un événement autonome en 2028. Le rugby féminin continue sa montée en puissance, portée par une professionnalisation croissante et une visibilité enfin à la hauteur du talent des joueuses.

L’équipe de France de football

Sur les terrains de football français, la saison 2025-2026 d’Arkema Première Ligue bat déjà son plein depuis septembre. Les Lyonnaises, toujours impressionnantes, chassent un nouveau titre européen en Ligue des champions, dont la finale aura lieu le 23 mai à Oslo. Paris, Bordeaux et toutes les autres poussent fort pour bousculer l’ordre établi. Le championnat français féminin gagne en intensité, en qualité de jeu, et surtout en audience. Les stades se remplissent progressivement, les diffuseurs s’y intéressent davantage. Les choses bougent.

Et puis il y a le Tour de France Femmes, ce joyau du cyclisme féminin qui fera étape pour la cinquième édition du 1er au 9 août 2026. De Lausanne à Nice, les coureuses traverseront la Suisse et la France dans un parcours exigeant qui promet du spectacle. Cette compétition, relancée grâce notamment à l’association « Donnons des Elles au vélo » de Claire Floret, s’est imposée comme un rendez-vous incontournable du calendrier cycliste mondial. Chaque année, elle gagne en prestige, en audience, en légitimité.

Claire Floret

Mais ce qui me touche le plus dans cette année 2026, c’est ce qu’elle révèle de plus profond. Derrière ces compétitions, ces médailles à décrocher, ces records à battre, il y a des femmes qui inspirent. Des femmes qui prouvent chaque jour que le sport n’est pas qu’une affaire de performance, mais aussi et surtout d’émancipation. Depuis cinq ans que j’anime ÀBLOCK!, j’ai donné la parole à des centaines d’athlètes, de championnes, d’anonymes qui ont toutes en commun d’avoir trouvé dans le sport bien plus qu’un simple loisir. Elles y ont trouvé la confiance, la force de s’imposer, le courage de changer leur vie.

Cette année 2026 est aussi celle où le sport féminin devient enfin un sujet de société incontournable. Les investissements augmentent, les salaires progressent, les conditions d’entraînement s’améliorent, la médiatisation s’intensifie. Certes, les inégalités persistent. Oui, il reste du chemin à parcourir. Mais le mouvement est lancé, et il est irréversible. Les petites filles qui regarderont Léa Casta dévaler les pentes de Livigno ou Lou Jeanmonnot dominer les pistes de biathlon ne verront plus des exceptions, mais des modèles accessibles.

Léa Casta

Alors, que cette année 2026 soit celle de tous les possibles. Celle où nos championnes écriront des pages d’histoire, celle où le sport féminin continuera de faire bouger les lignes, celle où chaque femme, qu’elle soit sur un podium olympique ou sur un terrain de quartier, trouvera dans le sport la force de bouger son corps pour bouger sa vie.

Parce que le sport n’est pas qu’une question de chronomètres et de tableaux d’affichage. C’est une question de dignité, d’égalité, de liberté. C’est une formidable possibilité offerte d’être soi.

Plus que jamais en 2026, bougeons ensemble. ÀBLOCK!

  • Valérie Domain est la fondatrice d’ÀBLOCK!, journaliste, auteure et conférencière.
Ouverture ©Jean-François Muguet

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