Michel Callot : « Toute pratique du sport cycliste doit être proscrite. Mais on peut aller au travail ou faire ses courses à vélo… »

Michel Callot

Par Michel Callot, président de la Fédération française de cyclisme*

Publié le 20 mars 2020 à 15h12, mis à jour le 06 mars 2022 à 18h47

En cette période de crise sanitaire, et en tant que fédération délégataire, nous avons une responsabilité vis-à-vis de nos licenciés et plus généralement vis-à-vis du sport cycliste en France.

Nous avons considéré qu’il était temps de clarifier notre position et d’émettre des consignes, afin qu’il n’y ait pas d’ambiguïté. Ainsi, toute pratique du sport cycliste, même individuelle, doit être momentanément proscrite.

En effet, le cyclisme est un sport de plein air, comme la course ou la marche, mais avec une particularité : le vélo ne devient un sport que si l’on roule longtemps et sur de longues distances.

Cela n’entre donc pas dans les conditions prévues au décret et constitue non seulement une infraction susceptible de verbalisation mais surtout un danger pour soi et les autres.

Oui, dans le cadre d’une pratique citoyenne !

Pour autant, on peut utiliser le vélo dans le cadre d’une pratique citoyenne à la place de sa voiture, c’est-à-dire davantage pour se dégourdir les jambes en allant par exemple au travail ou faire ses courses de proximité. C’est à la fois bon pour l’environnement et bon pour s’aérer quelques minutes, dans le respect des autorisations prévues.

Ceci dit, pour les sportifs, nous mettrons en ligne sur notre site, à partir de lundi, des programmes d’entrainement pour ceux qui ont des home trainers, grâce auxquels on peut reproduire ce qui se passe sur la route.

Et aussi des programmes pour les enfants, code de la route, conseils pédagogiques avant de monter sur un vélo. Ils pourront ainsi apprendre les bons comportements, avant de pouvoir de nouveau rouler.

Pour les cyclistes professionnels, il va falloir trancher…

Concernant, les cyclistes professionnels, la ligue pro qui travaille sur le sujet doit s’entretenir avec les Ministères sur une éventuelle dérogation. C’est possible dans certains pays, pas ici pour l’instant.

Car lorsque les compétitions vont reprendre, les cyclistes français ne pourront pas du jour au lendemain se présenter à une course après avoir stoppé l’entraînement aussi longtemps.

Néanmoins, nous comprenons les contraintes liées à cette crise sanitaire et nous soutenons le «  Restez chez vous ».

Le fait de ne pas pouvoir pratiquer suffisamment longtemps et à haute intensité est évidemment frustrant pour les cyclistes, mais il faut relativiser  : qu’est-ce qu’une frustration momentanée face au danger de contamination et à ce que vivent les victimes du Coronavirus ? »

*Michel Callot est le président de la Fédération française de cyclisme (FFC)

Pour toute information : assistancecovid19@ffc.fr

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