Yohan Penel : « Tout est réuni pour faire du badminton un modèle sportif d’égalité et de mixité. »

Yohan Penel : « Tout est réuni pour faire du badminton un modèle sportif d’égalité et de mixité. »
Le jeune président de la fédé de badminton qui entend faire de son mandat une réussite sur le plan des enjeux sociétaux et ainsi « mettre l'humain au cœur de la performance sportive et sociale du badminton » a bien l’intention d’attirer les filles dans ses filets...des terrains de bad. À l’heure où, hélas, les compétitions interclubs se transforment en championnat masculin faute de compétitrices.

Par Yohan Penel, président de la FFBaD

Publié le 14 janvier 2022 à 16h10, mis à jour le 26 février 2025 à 17h57

« Le badminton est un sport ludique qui peut permettre à toutes et tous de s’épanouir à travers sa pratique. De 5 à plus de 90 ans, à l’école, en club, en entreprise, en EHPAD, le bad s’adapte à de très nombreux publics.

Son arrivée au programme des Jeux olympiques en 1992 se fait dans la parité avec quatre épreuves, simple dames et hommes, double dames et hommes, auxquelles s’ajoute dès 1996 le double mixte. Mais la mixité du badminton va bien au-delà.

©Thierry Stempfel/FFBaD

Aux créneaux de pratique en club qui accueillent simultanément femmes et hommes, s’ajoute un format de compétition qui regroupe les cinq épreuves sur un même site (en-dehors de certains interclubs masculins et de quelques tournois 100 % féminins).

En termes de gouvernance, la FFBaD fait partie des précurseurs qui imposent aux listes candidates à l’élection fédérale autant d’hommes que de femmes (hors tête de liste).

Enfin les « prize money » des compétitions internationales sont identiques pour les deux sexes.

Tout est donc réuni pour faire du badminton un modèle sportif d’égalité entre les femmes et les hommes, et de mixité.

©Thierry Stempfel/FFBaD

Pourtant, la proportion de licenciées à la FFBaD ne varie pas : autour de 36 %.

Les compétitions interclubs se transforment en championnat masculin faute de compétitrices. Le plafond de verre persiste au sein des instances dirigeantes avec un faible nombre de présidentes (28 % des ligues régionales et 23 % des clubs) et des postes féminins fréquemment non pourvus au sein des conseils d’administration.

Dans l’histoire du badminton, les modèles féminins inspirants ne manquent pourtant pas. Dirigeantes engagées, championnes performantes, officielles techniques ou techniciennes sont autant de parcours de vie incitatifs pour les jeunes filles et jeunes femmes.

La championne française Hongyan PI… ©Mamedy Doucara/FFBaD

Pour aller au-delà, le champ de la performance sociale du badminton est parfaitement adapté. Ce sport à l’intensité variable, ludique, accessible, reconnu pour développer autant la motricité que la confiance en soi, propice aux activités de type fitness, est de plus plébiscité par le corps enseignant.

Aujourd’hui, comment repenser la pratique pour mieux répondre aux aspirations des badistes tout en ayant un réel impact sur leur vie ?

Engagée dans le processus de labellisation « mixité & performance », la FFBaD souhaite se doter d’un observatoire des pratiques pour réaliser un état des lieux et co-construire son évolution future

©Guillaume Mirand/FFBaD

Les leviers d’ores et déjà pressentis sont la valorisation de la place des femmes dans les différentes familles du badminton, la formation des prochaines générations de dirigeantes en commençant dès les écoles françaises de bad, la construction d’outils ludiques pour déconstruire les stéréotypes de genre, …

Ce défi ne peut être relevé que collectivement, en ne décrétant pas la parité mais en créant les conditions épanouissantes de la mixité.

À trois ans des JOP (Jeux Olympiques et Paralympiques) de Paris 2024, nous avons à faire évoluer les mentalités pour que chacun et chacune trouve sa place dans la communauté du badminton français. »

Ouverture ©Arthur Enselme

Vous aimerez aussi…

Coupe du Monde féminine de football 2023, le récap

Coupe du Monde féminine de football 2023, le grand récap’

La Coupe du Monde 2023 s’est bouclée par la victoire de l’Espagne, une première pour le pays. Ce ne fut pas aussi joyeux du côté de nos Bleues pour qui le Mondial s’est achevé sur une élimination frustrante aux tirs aux buts. La déception est de mise, mais l’avenir semble promettre de belles choses pour cette équipe de France qui ne lâche rien.

Lire plus »
4 août 2015 Katie Ledecky bat le record du monde en nage libre

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Les récap’ sur les deux événements majeurs du sport féminin de juillet, la présentation de mondiaux au fil de l’eau et d’une équipe qui mène bien sa batte, un retour sur les pionnières cavalières et le début de l’histoire sportive du mois d’août comme celle du record du monde de Katie Ledecky (notre photo), c’est le Best-of de la semaine sur ÀBLOCK!. Bonne lecture sous canicule à toutes et tous !

Lire plus »
Camille Jedrzejewski « Le tir, c'est de la gestion de stress, de la lucidité. »

Camille Jedrzejewski : « Le tir, c’est de la gestion de stress, de la lucidité. »

Elle a commencé par le pentathlon avant de se concentrer sur le seul tir. Camille Jedrzejewski, 22 ans, vice-championne d’Europe en pistolet à 10 mètres vient de décrocher la médaille d’argent pour ses premiers JO. Une première pour l’équipe de France de la discipline. Nous l’avions rencontrée juste après sa qualification aux Jeux. Conversation avec une fille qui met toujours dans le mille.

Lire plus »
Hélène Pietrenko : « En sport, je me fixe peu de limites. »

Hélène Pietrenko : « En sport, je me fixe peu de limites. »

Elle a marqué les esprits en 2022 en remportant le classement féminin de la NatureMan Explorer. Cette année, cette fondue de sport nature et de défis extrêmes, tentera de graver, de nouveau, son nom dans le marbre en devenant l’une des rares femmes à boucler la French Divide dans les temps, une course de 2 200 kilomètres en bikepacking et sans assistance. Rencontre avec l’impressionnante Hélène Pietrenko.

Lire plus »
Sandrine Martinet : « On a tous des différences qui peuvent être des forces. »

Sandrine Martinet : « Petite, on s’est beaucoup moqué de moi, avec le judo j’ai trouvé ma place. »

Habituée des Jeux Paralympiques, la multiple championne de judo Sandrine Martinet se prépare aujourd’hui à ceux de Paris. Atteinte d’une maladie qui réduit l’acuité visuelle, elle a pourtant une vision claire de ce qu’elle veut dans la vie. Et son petit gabarit n’est pas un obstacle non plus. À l’occasion de notre partenariat avec le podcast 1m60max, elle nous parle de ce qui, pour elle, n’est pas un problème de taille.

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner