Il y a une chose que Jasmin Paris dit dans l’entretien que nous lui avons consacré, et qu’on n’entend pas assez : ses deux performances les plus folles en ultra-trail ont eu lieu après avoir eu des enfants. Pas malgré. Après. Avec plus de feu, dit-elle. Plus de désir. Comme si la maternité n’avait pas rogné ses jambes — elle les avait chargées.
Ce n’est pas une histoire de superwoman. Les superwomen n’existent pas — c’est un mythe commode pour éviter de regarder ce que les femmes portent vraiment. Jasmin Paris n’a pas de pouvoirs spéciaux. Elle a une détermination construite dans le quotidien, dans les 5h du matin, dans les séances d’entraînement calées entre la crèche et le dîner, dans les corps qui allaitent et qui courent en même temps.
L’ultra-endurance révèle quelque chose que le sport traditionnel cache encore trop souvent : les femmes arrivent sur la ligne de départ déjà entraînées à tenir. À gérer la douleur sans se plaindre. À avancer quand tout dit stop.
La vraie question n’est pas comment elles font. Elles le font — et ça, ça ne date pas d’hier.