Sandrine : « Avec la boxe, je fais un parallèle avec ma vie : quand tu te prends un uppercut, tu dois te relever, faire face. »Adepte de boxe anglaise, 50 ans, éditrice

boxe femme
Elle est devenue accro à la boxe anglaise à un moment de son existence où elle était "effrayée, prise de vertige". Enfiler les gants et monter sur un ring l'a libérée. Aujourd'hui, Sandrine peut regarder la vie dans les yeux.

Propos recueillis par Valérie Domain

Publié le 10 janvier 2020 à 15h41, mis à jour le 01 octobre 2025 à 8h37

«  J’ai commencé la boxe après une période difficile pendant laquelle j’étais littéralement effrayée, prise de vertige.

Puis la vie vous surprend, vous remet en selle. C’était presque miraculeux, ça m’a confortée dans l’idée que je devais prendre des risques. Je suis repartie au combat. La reprise du sport faisait partie de mes priorités. Je me suis dit : « Essaie d’aller vers des activités qui ne te correspondent pas, auxquelles tu ne comprends rien mais qui t’excitent. Qu’est-ce qui te fait peur ? Qu’est-ce qui n’est pas toi ? » Ce fut la boxe. J’ai été plongée dans un univers qui te déconnecte de tout.

En boxe, tu utilises tout ton corps et puis il y a cette incertitude du coup qui va t’arriver. Comment et quand, t’en sais rien. Tu dois rester focus sinon tu t’en prends une !

C’est une discipline qui me va bien : physique et stratégique. Cela te force à t’interroger sur toi, tes réactions, émotions, ressentis, en quoi ça te libère, ça t’inhibe, qui tu es, ta relation aux autres.

Sandrine : « Avec la boxe, je fais un parallèle avec ma vie : quand tu te prends un uppercut, tu dois te relever, faire face. »

Tu découvres ta propre violence. Cette part de nous que la société réprime, la boxe t’autorise à l’exprimer, mais il y a des règles à respecter. C’est une violence civilisée en quelque sorte.

J’ai fait un parallèle avec ma vie : quand tu te prends un uppercut, tu dois te relever, faire face. Il y a une part d’acceptation aussi, tu dois trouver des solutions pour t’en sortir et à la boxe tout ça se passe en une fraction de seconde, ça mobilise des ressources que tu as en toi et que tu ne soupçonnais pas, c’est à la fois réfléchi et instinctif.

Quand tu parviens à surmonter la peur, l’appréhension du coup, de l’autre, c’est un sport d’une plénitude extraordinaire.

Quand tu sors du ring, tu es en paix avec toi et avec le monde.

Je ne cherche pas à conquérir un univers de garçons, j’y trouve un moyen d’expression. De nous les filles, la société demande d’arrondir les angles, d’avoir de l’empathie, là on te demande l’inverse : se frotter à la rivalité, la puissance, la confrontation directe, la compétition… C’est une exploration fabuleuse.

Quand tu boxes, tu es nue. C’est toi.  »

©Stéphane Bouquet

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