Camille : « Avec la boxe, tu apprends que tu peux prendre des coups et te relever... »

Premier crochet, Podcast
Bienvenue dans le troisième épisode de ce podcast exigeant. Premier Crochet nous invite au cœur des salles de boxe, à la rencontre de nanas qui en jettent, apprennent à s’affirmer et parlent avec justesse de leurs émotions, leurs ressentis, leurs batailles. C’est au tour de Camille de s’exprimer sur le ring.

Par Valérie Domain

Publié le 21 septembre 2020 à 11h38, mis à jour le 29 juillet 2021 à 14h59

Notre réalisatrice, Audrey, elle-même boxeuse thaï, donne la parole à une boxeuse qui ne mâche pas ses mots. 

Camille parle collectif, car il ne s’agit plus que d’elle, mais de construire un espace pour que chacun.e puisse s’épanouir et grandir. Ils/elles veillent les un.e.s sur les autres et luttent ensemble contre les discriminations, le racisme et les remarques sexistes qui font le quotidien.

Camille a des milliers de choses à dire mais elle n’est pas là pour convaincre, elle veut faire, dire par sa présence qu’elle a le droit comme les autres d’être là, de taper dans un sac et de monter sur le ring.

À chaque femme qui franchit le seuil de la salle et reste, elle sait que le monde de la boxe est en train de changer. Au départ elles étaient deux meufs, maintenant elles sont huit.

Premier Corchet, podcast

Les mots de Camille sont bruts, percutants :

« On te dit tout le temps : “ Ne rentre pas toute seule ”. On ne te dit pas : “ Tiens-toi prête à frapper si tu rentres tout seule ”. On te fait donc bien comprendre que tu es une chose d’hyper précieux, mais que tu n’as pas la capacité de défendre cette chose hyper précieuse, donc il faut forcément que tu passes par les hommes pour te protéger. Parce que quand on te dit : “ Ne rentre pas toute seule ”, ça ne veut pas dire rentre avec une meuf…parce que deux meufs, elles sont encore seules… »

Premier Corchet, podcast

« Un jour, à l’entraînement, je viens de faire quarante pompes, je suis en sueur, et y a un mec qui s’approche et me lance : “ Salut princesse ! ”. Et là, je me dis : “ Mais j’ai l’air d’une princesse là, franchement ? ”

Et c’est pas méchant en fait, il est cool, mais, de une, j’ai pas envie que tu m’appelles princesse et, de deux, tu fais quoi là en fait ? Je suis en train de faire des pompes, tu vas te mettre à me draguer ? Ou alors m’expliquer comment je dois faire des pompes ? Ça prend un peu de temps de faire notre place. »

Si on l’écoutait ? 

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