Valérie Domain : « Quand les sportives partagent leurs joies comme leurs désillusions, c’est un baume qui peut soigner bien des peines. » 

Manon Apithy-Brunet
Depuis trois ans et le lancement de mon média, après avoir donné la parole et écouté toutes ces championnes de haut vol, j’ai le sentiment de les aimer si profondément que je ressens l’envie irrépressible de les prendre dans mes bras.

Par Valérie Domain*

Publié le 10 août 2023 à 17h33, mis à jour le 12 janvier 2026 à 11h27

« J’étais fatiguée, ma tête était fatiguée, j’avais mal au corps. »

Elle s’appelle Manon Apithy-Brunet. En mars 2022, elle devient N°1 mondiale d’escrime et elle plonge dans des abîmes obscures. « J’ai commencé à douter de mon escrime (…) Je n’avais plus la force de m’entraîner fort. C’était trop dur, trop long. » Il y a quelques semaines, sur ÀBLOCK!, elle confiait ce que bon nombre de sportives ressentent durant leur carrière : le doute, le sentiment d’illégitimité, la dépression qui pointe.

Après un titre de championne d’Europe arraché le mois dernier, notre sabreuse tricolore a chuté, en individuel, le 27 juillet en quart de finale des Mondiaux d’escrime à Milan. Et le fait qu’elle décroche une breloque par équipes a certes été une consolation, mais le cœur était déjà touché.

L’espoir était là, la confiance partiellement revenue, mais la conclusion difficile à digérer. Le sport à haut niveau, c’est aussi ça : devoir sans cesse prouver qu’on est la meilleure, qu’on a sa place dans le top mondial, qu’on est une machine.

Manon Apithy-Brunet

Dans ce tourbillon d’exigences que l’on s’inflige, y a-t-il de la place pour la complainte ? Là, maintenant, dans la tête de Manon Apithy-Brunet, que se joue-t-il ?

Depuis trois ans et le lancement de mon média, après avoir donné la parole et écouté toutes ces championnes de haut vol, j’ai le sentiment de les aimer si profondément que je ressens l’envie irrépressible de les prendre dans mes bras.

La défaite de Manon Apithy-Brunet peut sembler accessoire lorsque si souvent le monde s’enflamme, mais sa souffrance intérieure, bien réelle, est un pare-feu à l’indifférence et au ressentiment. Lorsque les sportives partagent leurs joies comme leurs désillusions, c’est un baume qui peut soigner bien des peines.

* Valérie Domain est la fondatrice d’ÀBLOCK!, journaliste, auteure et conférencière. Elle anime le podcast ÀBLOCK!

Ouverture ©Facebook/Manon Apithy-Brunet

Vous aimerez aussi…

Octavie Escure : « La danse a été ma thérapie pour surmonter les incidents de la vie. »

Octavie Escure : « La danse a été ma thérapie pour surmonter les incidents de la vie. »

Elle est une ballerine hors du commun. Élevée dans le tulle et l’organza, entre entrechats et gracieuses révérences, elle quittera l’univers feutré du classique pour devenir la danseuse du rockeur anglais Peter Doherty pendant dix ans. Avant de créer la méthode Fit’Ballet qui démocratise la danse classique. Elle vient de publier son livre qui mêle histoire de vie et routine sportive dans la toute nouvelle collection ÀBLOCK!

Lire plus »
David Maginot : « Dans mes photos de championnes, j’essaye de retranscrire à la fois la réalité et l’émotion du moment. »

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Un photographe olympique, une nouvelle venue sur la piste du sprint, une reine du quad, des plongeuses pionnières et un rallye on ne peut plus ÀBLOCK!, c’est le meilleur de la semaine. Bonne lecture !

Lire plus »
Liv Sansoz : « Décoller du sommet K2 a été le vol le plus fou et le plus magique de toute ma vie »

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Une femme qui ne craint pas de prendre de la hauteur (Liv Sansoz sur notre photo), une championne du ballon orange, l’histoire du flag football au féminin ou encore le retour de notre spécial KIDS, c’est le meilleur d’ÀBLOCK! cette semaine. Enjoy !

Lire plus »
Une georgette ? Cékoiça ?

Une Georgette ? Cékoiça ?

En selle, cavaliers ! Notre petit lexique pratique pour mieux comprendre le langage des coachs s’offre une échappée dans l’univers de l’équitation. Et je demande le G…comme Georgette.

Lire plus »
Héloïse Courvoisier, la para-triathlète guidée par l’amour

Héloïse Courvoisier, la para-triathlète guidée par l’amour

C’est une histoire digne d’une comédie romantique. Déficiente visuelle et championne d’aviron, Héloïse Courvoisier se lançait, il y a quatre ans, dans le para-triathlon en rencontrant son compagnon Thibaut Rigaudeau, lui aussi malvoyant, adepte de la discipline. Le scénario fait rêver, surtout lorsqu’on apprend que c’est également un couple qui les guide… L’aventure de ces Jeux Paralympiques de Paris se vit doublement pour ces duos en miroir. Moteur… action !

Lire plus »
Amandine Ferrato  : « Le sport fait partie de mon kit de survie. »

Amandine Ferrato : « Le sport fait partie de mon kit de survie. »

Elle a été membre de l’équipe de France de trail, vice-championne du monde, classée dans le Top 10 de la Mecque du trail mondial, le Golden Trail World Series. Et puis, le burn-out, les doutes, de ceux qui viennent tout chambouler. Amandine Ferrato, 44 ans, n’a pourtant jamais arrêté le sport, mais elle carbure désormais au plaisir. Et au partage.

Lire plus »
Paola Calvo : « À Juárez, toutes les femmes sont des combattantes. »

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Une vététiste que rien n’arrête, une cinéaste qui n’a pas peur de filmer des catcheuses en terrain dangereux (notre photo), une snowboardeuse qui ne lâche rien et quelques petites infos à grignoter pour se cultiver avec la suite de notre lexique Coach Vocab’, demandez le programme sur ÀBLOCK!

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner